Les Conteurs du Ponant
Campagne de Thoan

Episode 1

Carnet de Voyage d’un Centaure

dimanche 13 juin 2010 par :Mick :

Je vous invite donc à suivre cette longue saga, une saga vue par les yeux d’un aventurier malgré lui, une histoire riche en rebondissements, aventure, lieux impressionnant et coutumes étranges...

Maintenant que la situation s’est un peu calmée, je vais pouvoir mettre à plat tout ce qui s’est passé depuis un mois.

Tout ce cirque a commencé à la fin d’une journée de travail ordinaire, pendant que je me dirigeais vers mon casier au vestiaire du dock 17. C’est toujours un peu confus, mais ce qui est sûr c’est que deux "individus" en armure rouge m’ont enlevé à ce moment-là et m’ont assommé. Je me suis réveillé ensuite dans une pièce plongée dans l’obscurité, contenant une sorte de piscine (dans laquelle je suis bien sûr tombé) et divers équipements sportifs. Il s’est avéré que je me trouvais enfermé avec trois autres "individus" dans une sorte d’habitation bizarre, circulaire et sans fenêtres, aux murs métalliques.

La première des trois autres personnes partageant le même sort que moi était une adorable petite fille d’environ six ans, habillée d’une sorte de toge noire ouverte sur l’avant, et possédant deux points particuliers, à savoir des cheveux roses (oui, pourquoi pas), et portant un sabre à la ceinture (tout de suite plus étonnant). Un autre était un homme, plutôt jeune et frêle. Le dernier, plutôt discret, était assez difficile à décrire, un grand individu décharné habillé de noir et de plumes, à la peau blanche et aux yeux exorbités. Et bien sûr tous parlant une langue incompréhensible. Je découvris plus tard qu’il s’agissait du japonais.

A un moment donné, le jeune homme a été capable de faire fonctionner un des appareils bizarres et a fait apparaître sur un mur une image animée d’un homme avec qui il a discuté. Je n’ai bien entendu rien compris à cette conversation, mais il a dû avoir des paroles blessantes, vu que Yachiru, la gamine, a totalement détruit l’écran en plusieurs coups de sabre.

Sortir de cette habitation fut assez laborieux, mais après avoir trouvé une sorte de carte d’accès, et nous être rassasié grâce à un pourvoyeur mécanique de nourriture, nous avons finalement été capables d’ouvrir l’écoutille pour nous retrouver face à un grand cours d’eau. En effet, l’habitation se trouvait sur une rivière, à dix mètres de la rive. L’autre "détail" dérangeant était que cette habitation était littéralement invisible de l’extérieur. Parlons-en, tiens, de l’extérieur : une sorte de jungle en face de nous et un ciel vert au-dessus. J’avais déjà vu des cieux brunâtres ou jaunâtres à cause des sorties de cheminées d’usines, mais vert, ça jamais. Au final, après avoir mis au point un plan subtil pour rejoindre la rive, avec un système de corde, etc., il s’est avéré qu’un pont invisible reliait l’habitation au rivage, et nous nous sommes donc enfoncés dans la forêt, ce qui ne fut pas facile vu mon gabarit.

Au bout de quelques heures de progression laborieuse, voilà-t’y pas qu’on s’est retrouvés braqués par un groupe d’individus armés d’arcs et pauvrement vêtus... Les "négociations" ont été assez restreintes par l’incompréhension mutuelle entre eux et nous et finalement ils ont décidé de repartir en emmenant Yachiru et Arkange, le jeune homme, me laissant seul avec l’autre épouvantail à moineaux. Après un certain temps d’attente, Yachiru nous a rejoint et nous a fait signe de la suivre. Son but était sans doute de nous amener rejoindre Arkange au village des autres types, mais elle a juste réussi à nous amener à l’orée de la forêt. De là, nous avons vu approcher au galop quatre hommes en armure de chevalier, qui ont mis ensuite pied-à-terre pour s’enfoncer dans la forêt. Faute de mieux, nous avons décidé de les suivre à distance. Il s’est avéré qu’ils nous ont conduis au campement que nous cherchions. Le problème est qu’ils se sont mis directement à attaquer femmes et enfants, ce qui, vous l’imaginez bien, a provoqué un certain sentiment de colère de ma part. J’ai donc chargé, brandissant ma clé à molette, accompagné de Yachiru. Sa technique de combat était assez impressionnante, et nous avons pu mettre hors d’état de nuire trois des soldats, tandis que les villageois prenaient la fuite. Au final, nous nous sommes retrouvés au milieu de morts et nous avons décidé de ne pas trainer là plus longtemps.

Nous avons par la suite rejoint une route, et fait la rencontre avec un homme plutôt excentrique, portant de multiples plumes colorées avec lequel mes compagnons sont arrivés à converser un peu. J’apprendrais par la suite qu’il leur a décrit le monde où nous nous trouvions, une espèce de pièce montée, constituée de plusieurs étages posés les uns sur les autres. La nuit est ensuite arrivée bizarrement, le soleil ne se couchant pas, mais continuant sa course derrière une immense montagne, laissant la place à une lune verte très lumineuse.

Cette première journée ayant été assez mouvementée, une bonne nuit de sommeil était attendue par tout le groupe. Sauf que voilà, nous avons été réveillés par une forte explosion provenant de la forêt. Une importante trainée de fumée dans le ciel laissait penser qu’un aéronef s’était écrasé un peu plus loin. N’ayant rien d’autre à faire, nous nous sommes précipités sur le lieu du crash pour découvrir un bolide métallique en train de bruler, un corps décapité par le choc et un type dans une sorte de combinaison-armure en métal en train de se trainer lamentablement sur le sol avant de s’écrouler. Soucieux de ne pas rester pour attendre l’arrivée de la population locale, nous avons fait rapidement un brancard pour le nouvel arrivant et nous sommes partis.

La journée du lendemain fut totalement dingue elle aussi. Pour résumer, nous avons d’abord essayé de communiquer, en envoyant Yachiru, avec un paysan du coin, qui nous a bien fait comprendre que je n’étais pas le bienvenu. Nous avons ensuite croisé deux soldats, accompagné par ce même paysan, qui ont pris le type blessé pour un des leurs, de grade supérieur même. Ils nous ont accompagné jusqu’à une ville proche. Là, nous avons été séparés, le nouveau, Gher, et Arkange sont partis dans une maison imposante, tandis que Yachiru, Rioku, l’épouvantail, et moi avons été foutu au cachot. Ça fait du bien de se sentir aimé comme ça. Au final, Yachiru, qui avait été libérée grâce à son regard de petit chiot inoffensif, est revenue nous libérer en maîtrisant rudement les différents gardes. Ni une, ni deux, j’ai pris tout le monde sur ma croupe et nous nous sommes enfuis de ce bled au galop. J’ai appris par la suite par Gher que les gentilles autorités de ce gentil village voulaient vérifier que nous n’étions pas des méchants démons avec un test à base d’eau bouillante et de pièges mortels tout à fait infaisable. Que du bonheur donc.

En essayant de mettre le plus de distance possible entre nous et nos poursuivants, j’ai quand même fini au fond d’un trou assez profond, caché par de vieilles planches. Je n’ai pas trop souffert du choc et Yachiru a réussi à sauter de mon dos avant ma chute. Après avoir repris mes esprits et ayant été rejoint par mes compagnons grâce à une échelle judicieusement placée le long de la paroi, nous avons commencé à explorer un boyau d’où provenait une forte odeur de souffre, car je ne me sentais pas remonter à l’échelle... Le boyau d’une quinzaine de mètres nous a amené directement devant une grosse, très grosse créature reptilienne, en train de dormir sur un tas d’objets en vrac. Mais bon sang, on pourrait pas avoir la paix trente secondes ?! A côté du dragon se trouvait une sorte de grand hublot octogonal lumineux, à travers lequel Yachiru a immédiatement sauté avant de disparaître. Ne voulant pas laisser ce petit boud’chou seul, et appréciant moyennement la présence d’une grosse bête pouvant se réveiller à tout moment, nous l’avons rapidement suivi.

Après un épisode nauséeux assez rapide, nous nous tous sommes retrouvés, à l’exception de Rioku, dans une vaste étendue d’herbes hautes, toujours sous un soleil vert. Cependant, l’heure n’était pas aux interrogations car les vibrations de plus en plus fortes nous ont prévenu que quelque chose de gros approchait. Un nuage de poussière montant dans la direction du "nord", c’est-à-dire de la gigantesque montagne du centre du monde, nous poussa à partir en courant vers des arbres dans la direction opposée, pour tenter de nous mettre à l’abri. Malgré tous nos efforts, ce qui nous poursuivait commençait à nous rattraper, et nous découvrîmes avec horreur qu’il s’agissait d’un immense troupeau de bisons lancés à pleine vitesse. Tout espoir semblait perdu, surtout pour mes deux compagnons bipèdes Gher et Arkange, lorsque nous avons été soudainement arraché du sol. Nos "sauveurs" se trouvaient être des aigles géants, de plus de dix-huit mètres d’envergure. Un bon gros piaf en quelque sorte ! Si le premier a réussi à me prendre par les épaules sans dommage, le deuxième, nécessaire à cause de mon poids important, n’a rien trouvé de mieux que de planter ses serres dans mon arrière-train. ...Ce fut douloureux. Ils ont ensuite pris la direction du sud, et nous avons rapidement atteint la limite du plateau. Le paysage offert devant nous était très dérangeant, à savoir un grand rien vert. Bien vert, bien grand, mais totalement vide. La sensation désagréable amenée par ce spectacle a cependant été fortement accentuée lorsque nos chers "sauveurs" ont décidé de partir en piqué le long de la paroi. Nous avons tous, à ce moment, choisit l’alternative la plus raisonnable, à savoir l’inconscience...

Par Ewen Granic le Jeu 6 Mai 2010


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