28 févrierAu matin,
Mary Davidson se rend au point de rencontre, et est gênée de s'apercevoir que
Jacques-Henri Delabatte est absent, l'archéologue est seul à l'attendre. Elle ne se démonte pas et commande un café en s'installant à sa table. Ian préfère ne pas aborder le sujet de la nuit précédente et parle plutôt de la soirée de la veille. Mary ne lui donne aucun nouveau détail, affirmant qu'elle lui a déjà montré l'essentiel, et elle espère qu'il a maintenant compris à quel point il est désagréable d'être manipulé. Sauf que Kenneth ne lui en veut absolument pas pour la nuit précédente, il a au contraire été impressionné par l'aisance avec laquelle la jeune vierge a séduit un homme, les risques qu'elle était prête à prendre et le point auquel elle semble avoir dédramatisé le sexe (l'expérience est donc un succès inespéré). Par contre, il l'engage à travailler sa compréhension de la psychologie masculine afin de mieux savoir quand tenter ce genre d'approche.
En attendant, il a prévu tout un programme en attendant le retour de
Ghillian Mac Pheet et de
Georges Pincher de Miskatonic (et que Delabatte dessoûle). Mary obtient donc un rendez-vous avec
Erica Carlyle pour le surlendemain afin qu'elle les aide à faire taire les rumeurs concernant son frère, puis il partent demander des compléments d'informations à
Jonah Kensington. Celui-ci ne connaît aucune relation de
Jackson Elias à New-York en dehors du groupe du
Multiplex Liberty, mais il se souvient de noms qui n'étaient pas mentionnés dans les documents qu'il a donné aux enquêteurs de l'équipe B : à Londres, l'
inspecteur Barington de Scotland Yard et
Mickey Mahoney, rédacteur en chef du Scoop. D'autre part, Elias se méfiait d'un marchand égyptien, un certain
Tewfik al-Sayed. Au Caire, Elias connaissait
Auguste Loret, un archéologue qui a travaillé momentanément avec l'expédition Carlyle mais dont Ian sait qu'il n'a rien publié depuis, et
Faraz Najir, un antiquaire qui a vendu des objet découverts par Carlyle. Enfin, Kensington apprend aux enquêteurs que personne n'est venu récupérer les effets personnels d'Elias, qui doivent donc encore être entre les mains de la police.
Le prochain objet sur la liste de Kenneth Ian est la libération de
Natalia Denekine, mais l'entreprise est jugée trop dangereuse maintenant qu'ils sont passés par le Liberty et qu'ils savent que la mafia russe est très certainement impliquée. De même, quand il vont retrouver le dr Delabatte, on leur apprend que celui-ci a quitté l'hôtel sans leur laisser de message. Son passage au Liberty lui a fait se découvrir une passion pour l'opium et il abandonne l'enquête.
Ensuite, il est impossible d'obtenir un plan des fondations de la
boutique Ju-Ju auprès du cadastre (Ian était persuadé que les réunions massives qui y avaient lieu prouvaient que la petite boutique contenait un sous-sol), et l'autorisation d'accéder aux ressources de la police ne sera pas disponible avant quelques heures. Mary accepte donc la proposition de Kenneth de visiter ensemble le musée d'archéologie, et regrette immédiatement tant celui-ci peut se montrer pédant.
Après deux heures qui semblent avoir duré une éternité, ils vont accueillir leurs collègues à la gare. Ian et Mac Pheet partagent leurs découvertes respectives. L'anthropologue est d'avis de partir directement pour le Caire dès la fin de leur enquête, de façon à repartir vers Londres après. En effet, ils seront plus efficaces à Londres quand ils auront pris connaissance des éléments découverts par l'équipe A, et si les méthodes expéditives de celle-ci ont l'avantage d'éliminer la plupart des dangers, elle détruit aussi beaucoup de preuves et d'artefacts précieux, sans parler des vies humaines. Mais les autres sont d'avis de continuer à les suivre. Encore une fois, Ian demande aux autres quelles sont leurs motivations réelles, et il semble que sa visite dans la bibliothèque interdite a rangé Pincher aux idées de Mac Pheet : si tout le monde est d'avis qu'une secte aussi dangereuse que
la Langue Sanglante doit être arrêtée absolument, eux pensent que le danger dépasse leurs victimes directes et que le risque qu'ils détruisent le monde est réel, c'est pourquoi Londres est loin d'être l'aboutissement de l'enquête et qu'il est essentiel de découvrir toute la vérité sur l'expédition Carlyle, et pas seulement sur les événements du
manoir Gavigan.
S'ensuit alors une nouvelle dispute entre le croyant et le sceptique, en arabe pour ne pas terroriser les gens dans le métro (on est encore à une époque où entendre parler arabe à New York fait moins peur qu'entendre parler de dieux anciens cherchant à détruire le monde). Mac Pheet déclare que ces cultes contrôlaient déjà des villes entières bien avant la construction des premières villes connues, ce qui signifie d'après Ian qu'il s'agit de cultes originaires d'une époque où la moindre bête un peu féroce était considérée comme divine, et que le danger avait dû encore diminué avec le temps. En outre, si ces cultes étaient aussi puissants, pourquoi n'en trouve-t-on aucune trace ? Mac Pheet lui répond que justement, si tant d'efforts ont été faits pour dissimuler ces cultes, c'est bien qu'ils étaient plus dangereux que les autres, ce à quoi Ian répond que c'est une pratique usuelle de l'église qui complique beaucoup le travail des historiens, mais que si des chrétiens superstitieux ont cherché à éliminer la concurrence, ça ne veut pas dire que les entités vénérées par ces cultes étaient réelles. Mac Pheet rétorque qu'il a lui-même vu ces phénomènes inexplicables, et demande à l'anthropologue ce qu'il penserait s'il voyait les morts se relever. Sa réponse est que certains sorciers vaudous sont capables de ce genre de prodige en préparant les corps d'une façon que la médecine ne sait pas encore expliquer, mais ça démontre avant tout une faiblesse de la médecine, c'est d'ailleurs pour cela que des gens se font parfois enterrer vivants, et il n'y a rien de surnaturel là-dessous. Dans d'autre cas, on pourrait rapprocher ça des poules qui continuent à courir après s'être fait couper la tête. Mac Pheet lui parle alors de rituels visant à attacher une âme à un objet, chose qui existe dans de nombreuses traditions d'après Ian, mais comment expliquer alors que le livre commence à parler dans la tête du lecteur (effets de la fatigue sur un esprit impressionnable, et c'est pourquoi il ne faut pas lire les ouvrages de la bibliothèque interdite de nuit dans l'ambiance lourde de ce bâtiment), et que les voix continuent le lendemain ? Ian ne peut que lui conseiller de rencontrer un psychiatre, il arrive qu'ils disent autre chose que des âneries. Excédé, Mac Pheet lui crie que les couvertures de certains livres étaient en peau humaine, mais Ian insiste pour mettre les choses au clair : il ne doute pas que la Langue Sanglante est constituée de dangereux psychopathes sans aucune morale qui pratiquent réellement le sacrifice humain et croient sincèrement en leurs dieux, mais ça ne veut pas dire qu'il faut les imiter. Mac Pheet prétend que le fait que la Langue Sanglante soit mentionnée dans les livres de la bibliothèque interdite prouve qu'ils font partie de ces phénomènes étranges dont il faut se méfier, Ian rétorque que certains apocryphes de la Bible sont parfaitement ridicules, et que même si on admet que Nyarlathotep était un danger réel, rien ne prouve que ces livres ne sont pas des faux contemporains de l'apogée de ces sectes, mais ne recouvrant aucune réalité.
Mary cesse vite de porter attention à cette dispute à laquelle elle ne comprend un traître mot, et son attention finit par se porter sur deux voyageurs qui discutent en Swahili : elle vient de comprendre les mots « grand-prêtre » et « Langue Sanglante » ! Laissant les autres, elle s'approche des deux noirs et n'entendant rien de plus sur le sujet, elle tentent de les fouiller discrètement avant qu'ils ne quittent le métro, ce qui est sûrement la première fois qu'une riche blanche tente de faire les poches à des noirs dans le métro. Évidemment, elle se fait prendre et Mac Pheet lui sauve la mise en prétendant qu'ils avaient parié qu'elle n'oserait pas vérifier la réputation de la virilité des noirs. Les deux suspects laissent donc Mary morte de honte dans le métro, et ne s'aperçoivent pas qu'ils sont filés par Georges. Ils finissent par se douter de quelque chose à Harlem, et entrent dans un café pour voir s'il va continuer à les suivre ; Georges préfère abandonner.
Tout le monde se retrouve donc devant les ruines de la boutique Ju-Ju, dont les planches sur les fenêtres les mettent heureusement à l'abri des regards indiscrets. Il n'a malheureusement pas été possible de se faire accompagner par un des policiers qui a participé aux premières fouilles du lieu. Contrairement à l'avis de l'archéologue, il est décidé de commencer les fouilles par le rez-de-chaussée avant d'entrer dans le trou béant derrière le comptoir (sachant que si les passants voient du mouvement dans le bâtiment condamné, ils auront alors tout le temps de les attendre à la sortie pendant qu'ils seront au sous-sol). La fouille révèle des masques africains authentiques (occultes, mais pas dans un sens que Ghillian juge pertinent) et que Ian n'est pas certain de pouvoir restaurer. Dans le comptoir, le livre de comptes n'a pas survécu à l'incendie et les seuls mots encore lisibles sont «
Emerson Imports ». Finalement, la fouille du rez-de-chaussée n'aura pas duré longtemps et les enquêteurs descendent les 7m les séparant du sous-sol. Les symboles gravés en bas de l'escalier appartiennent à la culture
Kikuyu. Ce sont des malédictions, et il est étrange qu'ils aient étés gravés à l'intérieur du bâtiment, comme s'ils étaient une bénédiction pour les occupants... Ces symboles ont apparemment été gravés à la construction du bâtiment cinquante ans plus tôt, ce qui laisse supposer une implantation du culte bien plus ancienne que ce qu'on pensait.
Le couloir mènent à une grande salle où on devine encore les traces de combats : tous les corps ont été retirés, mais on devine que plusieurs ont été tués au lance-flamme, parfois après avoir été décapités (pour Ian, ça prouve juste que l'équipe A sont des bourrins, et pas du tout que leurs ennemis étaient encore debout après décapitation. Ou encore une fois, c'est le même principe que pour les poules, c'est juste qu'il n'ont pas attendu que les muscles puissent se détendre avant d'arrêter de frapper). Les gravures sur les murs représentent des créatures à tentacules, une à trois jambes avec un pédoncule sur la tête, des hommes poissons, des créatures ailées... Bref, des créatures qui n'apparaissent nulle part dans les mythes Kikuyus et que Ghillian et George n'identifient pas formellement, mais dont ils sont sûrs qu'il s'agit de créatures du Mythe.
Une lourde dalle est posée dans un coin de la pièce, et le mécanisme pour l'ouvrir semble encore fonctionner. Encore une fois, Kenneth préférerait procéder méthodiquement et finir cette pièce avant de passer à l'étage suivant (surtout que c'est probablement la fosse où sont jetés les sacrifices), mais Pincher et Mac Pheet n'ont aucune patience et entre-ouvrent la trappe. Mary Davidson ne voit rien dedans, mais sent une forte odeur de chair brûlée. La trappe est finalement soulevée suffisamment haut pour pouvoir y descendre, ce qui permet à Mac Pheet et Pincher de découvrir la créature qu'elle contient : une sorte de
ver géant (2m de long et 1m de diamètre) incrusté de
crânes humains, et manifestement brûlé au lance-flamme. Une fois le choc passé, Mac Pheet invite Kenneth Ian à le rejoindre, sans lui préciser ce que la fosse contient. Pour l'archéologue, c'est un faux grossier : la créature n'a aucune structure, aucune bouche si ce n'est celles des crânes ni d'anus, les muscles sont pêle-mêle et ne permettent aucun mouvement... Autant il serait prêt à croire que les dragons aient existé s'il en voyait en squelette*, mais ici, la créature est tellement monstrueuse qu'elle n'en est même plus crédible. Elle a néanmoins des aspects étranges : on ne trouve aucune marque de couture sur la créature comme si elle était d'un seul tenant. Depuis près d'un mois, elle n'a pas de moisissure (mais il est vrai qu'il ne connaît pas encore le
Happy Meal) contrairement aux flaques de vomi séché qu'on laissé les policiers : cela indiquerait que les muscles sont synthétiques (comme un Happy Meal donc), sauf que c'est une excellente imitation. Mac Pheet commence à trancher dans la créature pour atteindre la face inférieure et voir l'état des crânes en dessous (la créature est trop lourde pour être soulevée), et celle-ci se met à saigner, alors qu'aucun vaisseau sanguin n'est visible. Kenneth fait des prélèvements, certains qu'il pourra trouver un biologiste que cette énigme passionnera.
Il finit par trouver au département de biologie de l'Université de New York (pas grand monde un samedi soir) une laborantine,
Erin Teak, qui accepte de s'en charger. Après avoir fait envoyer des véhicules et du matériel de manutention sur place, il retourne à la boutique Ju-Ju.
De son côté, Mary Davidson part faire un tour de voisinage à Harlem (seule) afin d'obtenir des témoignages concernant les émeutes et les pratiques de la Langue Sanglante, mais n'apprend rien de plus. En retournant dans les ruines de la boutique Ju-Ju, elle se fait remarquer par un noir en costume trois pièces. Elle tente de justifier sa présence, mais l'homme ne la croit pas. Alors qu'il ne semble rien faire de particulier, une grande panique prend Marie qui reste prostrée sur place.
Quand Georges remonte, il constate qu'un portail vers un autre monde s'est ouvert dans le ciel, et une sorte de dragon en sort. Instinctivement et avec l'aide de Ghillian, il tire sur la créature jusqu'à ce qu'elle s'effondre. Pendant ce temps, Marie, qui a retrouvé ses esprits, en vient aux mains (et aux talons) avec le sorcier. Celui-ci commet l'erreur de s'exposer à McPheet qui le paralyse de quelques aiguilles bien placées.
À son retour, Ian voit la vouivre et prend plutôt bien cette confrontation avec le Mythe. Il rationalise qu'Emerson Import doit avoir envoyé ce serpent géant à la Langue Sanglante, que l'« invoqueur » doit avoir des talents d'hypnotiseur pour avoir fait s'effondrer Miss Davidson, et que le portail que Pincher a cru voir devait être une hallucination. Il n'est pas certain de croire aux dragons mais il faut avouer que même lui commence à avoir du mal à croire à ses explications. Il prend une
photo de la créature.
D'après son portefeuille, leur adversaire s'appelle
Mukunga M'Dari, et sa
carte le présente comme grand-prêtre de la Langue Sanglante (c'est important d'avoir un bon département de relations humaines quand on est cultiste). Son
carnet d'adresses contient les noms et adresses de :
Gavigan (Londres),
Omar Shakti (Le Caire),
Tewfik al-Sayed (Londres),
Ahja Sigh (Mombasa),
M'Weru (poste restante à Nairobi),
Ho Fong Import (Shanghai), le
Tigre Trébuchant (Shanghai).
Robert Huston et
Robert Penhew sont présents eux aussi, avec des adresses en poste restante respectivement à Port Hedland en Australie et à Shanghai, ce qui confirme qu'ils sont vivants et impliqués.
Considérant qu'ils sont quatre blancs (et assimilé) à Harlem qui tiennent en joue un noir, Kenneth décide d'aller chercher immédiatement la police. Quand il revient, il n'y a miraculeusement pas eu d'émeutes, même si les enquêteurs n'ont pas pu empêché les badauds de se tailler des morceaux du serpent ailé, pensant que ça doit être un porte-bonheur (ou à la limite, que ça peut se revendre comme porte-bonheur). Le serpent est en train d'être chargé dans un camion (qui est heureusement assez grand pour accueillir les deux monstres, c'est l'université qui va être contente !) et M'Dari est toujours paralysé et sous bonne garde. Une fois arrivé au commissariat, et malgré l'heure tardive, Mac Pheet convainc l'
officier Smith (en charge de l'affaire de la boutique Ju-Juen l'absence de l'officier
Martin Pool) de venir immédiatement tenir l'interrogatoire.
En attendant son arrivée, les enquêteurs vont se changer, surtout ceux qui ont des tripes de monstres partout sur leurs vêtements. Le Pr. Ian en profite pour faire un crochet par le
Multiplex Liberty. Là, il rencontre
Sergeï Talinn, le bras droit d'
Alexandr Stropov. Il l'informe qu'il a entendu des rumeurs comme quoi son patron serait impliqué dans l'émeute d'Harlem en janvier, et que si tel est le cas, il sera sûrement intéressé de savoir que la Langue Sanglante est toujours en activité. Après avoir été assuré que Sergeï passera bien le message (et avoir incidemment appris que l'
équipe A était effectivement au Caire), Kenneth demande au Russe s'il a eu des nouvelles de
Natalia Denekine ; on lui répond qu'elle est souffrante. Saisissant le message, Kenneth retourne au commissariat pour informer Mary qu'il convient de laisser la mafia russe régler ses affaires de couple elle-même et que Natalia n'est pas en danger immédiat.
L'officier Smith arrive au commissariat peu après le retour des enquêteurs. La photo prise par Kenneth est maintenant développée, et elle montre bien à Smith l'importance de l'affaire. C'est lui qui va mener l'interrogatoire, pendant que les enquêteurs observeront.
Mais M'Dari ne parlera qu'en présence de son avocat. Pendant que Smith tente de le faire craquer, Kenneth fait signe aux autres de sortir. Il leur propose d'impliquer la mafia russe, pour qu'elle fasse en sorte que l'avocat de M'Dari ait un empêchement momentané et qu'elle leur fournisse un commis d'office conciliant. Le plan semble bon, et Sergeï l'accepte avec grand plaisir. Quand ils retournent à la salle d'interrogatoire, M'Dari est toujours attaché mais Smith s'est évanoui, et Mac Pheet est incapable de le ranimer avant quelques heures.
L'avocat commis d'office est Sergeï lui-même. Comme il n'explique pas la vraie nature de l'empêchement de son avocat à M'Dari (à savoir qu'il a un cours de natation nocturne dans l'Hudson avec palmes en béton – heureusement que Kenneth avait demandé un « empêchement momentané »), le grand-prêtre accepte de se faire défendre par le Russe, mais ne lui apprend rien.
Smith est maintenant sur pieds, mais même après un café, il n'est pas en état de mener l'interrogatoire lui-même et se contentera de vérifier qu'il n'y ait pas de vice de procédure (comme la décapitation du suspect par exemple ; deux fois dans le même commissariat, ça ferait mauvais genre). C'est donc Kenneth qui pose les questions. Il interroge le suspect sur son nom (que le suspect confirme), sur sa profession (docker), sur
Silas N'Kwane (un ami à lui), sur les émeutes (il n'était pas présent et ne se souvient pas de ce qu'il faisait, alors qu'il se souvient très bien de la date...) et sur la Langue Sanglante, dont le suspect prétend qu'il ne fréquente pas ce culte. Pour lui « La Langue sanglante déchiquettera les infidèles » est un juron classique de son pays. Kenneth s'étonne néanmoins qu'il ait instantanément traduit cette expression, d'autant que « Langue Sanglante » n'est pas un terme qu'on utilise souvent en anglais, et même le fait d'être bilingue n'est pas une explication suffisante : comment se fait-il qu'il ait instantanément traduit le nom swahili, Nyarlathotep ?
En fait, le bluff n'était même pas utile, car il réagit très fortement sur ce nom, et accuse l'interrogateur de blasphémer sur le nom de la Langue Sanglante. Maintenant qu'il a prétendu que ce culte était tabou pour son peuple, Kenneth lui montre sa carte de grand-prêtre de la Langue Sanglante. M'Dari tente de lui jeter un sort mais échoue. Il ne peut que bredouiller que c'est un faux, mais Kenneth déclare que le document a été trouvé sur lui et qu'il porte ses empreintes (sans avoir pris la peine de vérifier cette dernière affirmation). L'avocat de M'Dari lui conseille de dire la vérité, car aucun jury n'acceptera cette version, mais il continue à nier. Kenneth aborde maintenant le sujet du serpent, en lui en montrant la photo. M'Dari prétend avoir été autant surpris que tout le monde, c'est juste qu'il est capable d'un sang froid exceptionnel, ce qu'il prouve en fulminant dès que Kenneth lui répond « Nyarlathotep ! ». Il retente même de lui lancer à nouveau un sort, sans plus d'effet.
M'Dari est finalement forcé d'avouer qu'il est effectivement le grand prêtre de la Langue Sanglante, mais cela n'a rien d'un crime. D'après lui, la Langue Sanglante, ce n'est qu'un groupe d'Africains cherchant à faire perdurer les coutumes de leur pays en se retrouvant pour des danses et des chants rituels. Sauf que d'après un expert en archéologie et d'anthropologie que nous ne nommerons pas, les traces dans le sous-sol de la boutique indique un culte bien plus important ; M'Dari prétend que lui, leur grand-prêtre, n'était pas au courant. Aussi, il n'y a jamais eu de sacrifice, que ce soit humain ou animal, et il ne s'est jamais demandé à quoi servait la dalle dans le coin. Il tente une dernière fois de marabouter Kenneth quand celui-ci l'informe que les crânes des disparus de Harlem ont été retrouvés sous cette dalle et qu'ils ont été identifiés. C'est encore un échec. À partir de là, il refuse de répondre aux questions.
Ghillian trouve la méthode quasi-légale inefficace et veut le faire sortir. Il empreinte de uniformes et propose à son équipe de transférer le suspect dans un endroit plus pratique, mais Kenneth lui propose un plan plus sûr. Après avoir rangé les uniformes, Mac Pheet plante une aiguille discrète mais particulièrement douloureuse dans le grand-prêtre : il faut interrompre l'interrogatoire et l'emmener dans un hôpital (de préférence russe). Malheureusement, la procédure exige une escorte de deux policiers, et un seul est dans la combine : il est impossible d'empêcher le transfert vers un hôpital honnête. Sergeï demande donc à ses hommes d'enlever M'Dari à l'hôpital : pendant la nuit, le grand-prêtre sera kidnappé puis séquestré dans un endroit discret, pour être interrogé avec des méthodes plus... russes.
* Pour information, cette phrase a été écrite avant la troisième partie. Ah, ironie !