Avec mon groupe de bohémiens, au milieu d’une fraîche après-midi d’octobre nous avancions sur un chemin escarpé le long des gorges du Verdon, quand, à un passage spécialement escarpé, le chariot a versé dans le précipice, entraînant la petite fille du groupe, Loupiote… Sniff ! Les chevaux se sont échappés…
Tout le groupe part à la recherche des chevaux ; ils me demandent de poursuivre pour reconnaître le chemin et de chercher un lieu de campement. Ce n’est qu’à la tombée du jour que je trouve un endroit propice, ils ne m’ont pas encore rejoint… Je monte un campement sommaire (principalement constitué d’un feu de camp), je mange, et je me couche… Un peu plus loin, une grande bâtisse, probablement un prieuré, semble être déserte, mais je n’aurais pas le temps de la rejoindre avant la nuit.
Un peu plus tard, alors que je dormais à poings fermés, je suis réveillé par une jeune femme d’apparence étrange, la peau cuivrée, avec des plumes dans les cheveux et autour du cou, une grande quantité de colliers, une espèce de sabre très bizarre dans le dos… Elle critique mon imprudence de dormir ainsi, sans rien pour m’alerter si un danger approchait… Nous faisons connaissance, elle est chamane (espèce de prêtresse de leur religion) de sa tribu aux Amériques, et elle est en chasse d’un groupe d’hommes blancs qui ont pillé des tombes de leur tribu… Elle me parle de ses capacités de pistage, je suis impressionné ! Elle battrait les meilleurs limiers ! Je lui dit que pour ma part, je suis aussi pasteur, c’est à dire comme un prêtre, mais pour cette branche de la religion qui est depuis deux ans pourchassée par les hommes du Roi, c’est pourquoi je ne me montre pas en tant que tel… Elle me dit s’appeler Nahima, je lui dis m’appeler Jean.
Le lendemain, nous nous approchons de la bâtisse… Pour découvrir un véritable carnage, tous les moines ont été massacrés. Nous en remontons un, mourant, au fond d’un puits asséché. Avant de décéder, il a le temps de nous décrire ses agresseurs – Ceux que recherchent mon ami – Et de nous confier l’artefact qu’ils recherchaient, qui était caché dans une pièce secrète : Un étrange mécanisme composé de cercles concentriques, qui était une pièce maîtresse d’une machine jugée trop dangereuse pour être rendue publique. Ils nous donnent aussi une croix de leur ordre – une croix ornée de symboles remontant aux croisades – en nous disant de ne parler, montrer ou donner l’artefact qu’à une personne de ce même ordre. Nous lui promettons de préserver l’artefact, et de les venger. Moi qui étais pacifiste suis maintenant bouillant de colère, je n’ais plus qu’une envie, c’est de tuer les sauvages qui ont commis ce massacre…
Sur ce, les autres arrivent, Nahima m’époustoufle encore en caressant notre ours, après trois mois je n’ai toujours pas osé ; puis nous reprenons la traque, la piste nous amène aux portes de Marseille.
