22 avrilDjakité n'a donc aucun mal à retrouver ses compagnons, parce qu'on ne parle que de ça dans la ville. Il a retrouvé son ancien mentor,
Bundari, qui est largement plus vieux que la moyenne des ennemis actifs du culte, et il propose a ses amis de le rencontrer. Pendant ce temps, Nathalie cherche à relancer le
Nairobi Star. Apparemment, Nairobi est la seule ville où les journalistes ne forment pas une corporation limite mafieuse, et tous ses concurrents se réjouissent que le Nairobi Star coule enfin ; ils rejettent tous son offre de lui louer leurs locaux et matériel, même contre la promesse d'emplacements publicitaires et d'articles élogieux pour leurs propres journaux dans le Star. La réputation de la journaliste lui permet d'obtenir un prêt pour la reconstruction du bâtiment (l'incendie du journal est le seul qui n'a pas été imputé à
Tandoor Singh, et Nathalie n'a rien touché lors du procès), mais la nouvelle presse va devoir être commandée à l'étranger. Il vaut donc mieux consacrer son temps à une enquête de longue haleine qui assurera le succès du prochain numéro du Nairobi Star quand il sortira enfin, même si elle va continuer d'écrire de petits articles en attendant, au cas où ses concurrents changeraient d'avis. Typiquement, l'histoire de l'
équipe B ferait vendre beaucoup de journaux pendant quelques mois : profitant de leur absence, elle s'infiltre dans leurs chambres d'hôtel pour découvrir ce qu'ils savent (parmi les documents que Mac Pheet n'a pas détruit).
23 avrilLe village de Bundari est presque entièrement dépeuplé. C'est
Okomu, l'assistant de l'homme-médecine qui accueille le groupe ; il leur explique que Bundari voyage souvent dans le monde des esprits, et qu'il ne faut pas chercher à le réveiller ; coup de chance, sa transe finit quatre heures plus tard seulement (il lui arrive de rester en transe pendant des jours). Le sorcier explique à ses invités qu'ils vont avoir besoin d'alliés dans leur combat, et ils pourront en trouver sur les terres du
colonel Endicott. Puis il ouvre une calebasse, y mélange divers ingrédients et prononce une incantation ; il donne la préparation à Djakité, en la présentant comme une
potion d'invisibilité.
Le seul moyen d'approcher Endicott est de réserver un safari pour le samedi suivant. En attendant, les enquêteurs se renseignent sur l'accident qu'avait mentionné
Natalie Smythe-Forbes : d'après Djakité, ce ne sont pas des léopards qui ont attaqué les touristes dans leur cabane (les léopards restent loin des habitations humaines), mais des
hommes-léopards : il pourrait s'agir des alliés dont parlait Bundari.
25 avrilLe safari doit durer une semaine. La première journée se passe bien, mais pendant la nuit, des rugissements retentissent.
Pierson prie
Bastet de calmer les fauves, et le silence revient. Un homme en peau de léopard entre peu après dans la cabane : il leur explique qu'en tant qu'amis de Bastet, il ne va pas les tuer, mais qu'il s'agit d'une terre sacrée, et que les humains ne doivent pas être ici. À l'extérieur, une multitude d'enfants les attendent et viennent les saluer à leur sortie : vu de près, ce ne sont pas des enfants en fait. Ils sont partiellement décomposés, et certains arborent un visage canin : ce sont des
goules. Mac Pheet leur promet qu'il va convaincre Endicott de déplacer son terrain de chasse. Ils parlent ensuite de leur assaut futur contre le
culte du Vent Noir. Il y a deux chemins possibles pour atteindre la
Montagne du Vent Noir : le chemin des goules et le chemin des hommes. Les goules acceptent de les escorter jusqu'au temple, mais elles ne prendront pas part au combat. Les hommes-léopards par contre sont prêts à les aider. Par contre, au bout du chemin, il y aura
M'Weru, et un bon plan d'action est essentiel s'ils veulent survivre. Mac Pheet craint qu'elle ne soit déjà au courant de leurs plans, mais un des hommes-léopards le rassure :
Nyarlathotep ne peut agir qu'à travers ses prêtres, et il ne peut voir qu'à travers leurs yeux : même sans protection contre les rêves, leurs secrets sont à l'abri du dieu, car M'Weru est la seule vraie prêtresse dans le pays (
Singh n'était qu'un plaisantin pyromane).
2 maiPour ne pas éveiller les soupçons, le groupe décide de terminer le safari avant de quitter les lieux. Un peu avant de revenir chez Endicott,
Mac Pheet maquille le bras de Pierson pour faire croire à une autre attaque de léopards. Justement, leur grande amie journaliste est présente, et s'amuse à pousser la patience du colonel à bout. Elle jubile presque en voyant Pierson et note la totalité de l'échange : les touristes se sont fait attaquer mais Mac Pheet a réussi à stabiliser la blessure, et ils ont pu finir le safari sans problème : il faut absolument déplacer la cabane vers un endroit du terrain où les touristes seront plus en sécurité. Évidemment, c'est seulement si Endicott continue ses safaris : il n'avait déjà plus eu de clients depuis l'attaque précédente, et
Smythe-Forbes va s'assurer qu'il n'y en aura pas de nouveaux. Le colonel Endicott n'a pas souhaité faire de commentaires sur l'affaire, si ce n'est un coup de fusil dirigé très près de la tête de la journaliste, qui n'a pas l'air particulièrement perturbée. Mais ayant largement assez de matériel pour son article, elle prend congé et repart avec les touristes.
La discussion n'ira pas plus loin sur la route, et même quand Natalie leur révèle qu'elle a bien vu que la blessure était fausse, les autres maintiennent le silence sur ce qu'ils veulent cacher là-bas.
3 maiÀ Nairobi même, la
croisière noire vient d'arriver. C'est donc l'occasion pour Natalie de donner tout ce qu'elle a sur Endicott à un de ses journalistes pour qu'il finisse l'article et s'arrange pour le faire publier.
Johnstone Kenyatta, un des contacts de
Jackson Elias, interpelle Djakité et l'informe que Bundari veut lui parler (au passage, il se renseigne sur les alliés que leur a recommandés Bundari). À la surprise de tout le monde,
Mac Pheet propose à Smythe-Forbes de les accompagner. Il espère que l'expérience la rendra folle, et que plus personne n'accordera le moindre crédit à ses histoires. Une des conditions pour sa venue est qu'elle soit seule et sans appareil photo, c'est pourquoi Natalie demande à un de ses photographes de les rejoindre sur place s'il trouve quelle peut être cette
Montagne du Vent Noir, et sinon, de chercher autour des terres maudites où a disparu l'
expédition Carlyle.
Natalie se montre très correcte vis-à-vis de Bundari. Celui-ci (à la fin de sa transe) explique aux personnes présentes que ce combat sera l'aboutissement de l’œuvre de sa vie, et il veut y prendre part. Il les accompagnera donc sur un brancard. Dans les tunnels, Natalie découvre les
goules qui viennent lui faire des câlins et jouer avec elle. Une fois le choc passé, elle se montre étonnamment tolérante (même si elle fait en sorte de rester aussi loin d'elles que possible). En fait, elle cherche à comprendre la nature de ces créatures, faisant preuve de connaissances en occultisme qu'on ne lui aurait pas prêtées au premier abord. Le
culte du Vent Noir laisse souvent des enfants abandonnés dans la savanes pour mourir, et ils sont alors recueillis par les goules : ce ne sont donc pas à proprement parler des morts-vivants, puisqu'ils ne sont jamais morts. La mutation intervient à force de fréquenter les autres goules. Natalie s'inquiète de subir le même sort, mais Bundari la rassure : elle ne risque rien tant qu'elle ne partage pas leur repas. Comme le dit-repas est uniquement constitué de chair humaine, ça ne lui serait même pas venu à l'idée.
Mais puisqu'il s'agit d'enfants, elle s'inquiète de leur capacités au combat. En fait, ils ne sont là qu'en tant que guides. Elle demande donc au sorcier si ses léopards dressés vont combattre, eux, mais un des léopards répond à sa place en se métamorphosant (il n'apprécie pas qu'on le considère comme un quelconque fauve). La journaliste ne panique toujours pas, et se dit seulement qu'il va falloir faire attention à ne froisser personne si elle veut revenir en vie. Elle promet d'ailleurs de ne rien révéler dans son article des personnes qui vont mener l'assaut, de par la protection des sources. Cela énerve
Marie Davidson, qui ne comprend pas comment l'article pourrait encore être d'actualité. Inutile de retranscrire le long débat sur le devoir d'information et le respect de la vie privé, on y reviendra très souvent de toute façon.
Bundari demande souvent à remonter par les tunnels secondaires de façon à interroger la faune locale. Apparemment, le Vent Noir est extrêmement actif, et ils attendent incessamment la venue au monde du
fils de Nyarlathotep ; d'après la description de la mère, ce n'est pas
M'Weru. Quand Bundari parle de ses sources, Natalie demande avec un maximum de politesse pour être sûre de ne froisser personne s'il s'agit vraiment d'oiseaux, ou de métamorphes. Et elle préfère ne pas demander à Bundari comment il fait pour communiquer avec des oiseaux, ni ce que sont les hommes-léopards. Mais la question intéresse
Mac Pheet, et il ne se prive pas pour la poser à ses compagnons de route : est-on homme-léopard de naissance ? Y a-t-il des femmes-léopard ? Un étranger pourrait-il bénéficier de ce genre de pouvoir ? Les hommes-léopards résistent à l'envie de lui éclater la tête contre le mur mais ne répondent à aucune de ses questions.
10 maiAprès une semaine de marche dans les tunnels; ils débouchent à l'intérieur du temple, par une faille bien dissimulée, et les goules laissent les onze autres ici. Des cages sont suspendues au plafond, et leurs occupant interpellent les nouveaux venus, au risque d'attirer l'attention des geôliers. Ils finissent par se taire. Ce sont essentiellement des noirs, mais quelques missionnaires sont parmi eux. Il semble difficile de faire redescendre les cages sans bruits, et faire sauter les serrures discrètement est impossible, il est donc décidé de les libérer au retour si possible. Cette question étant temporairement réglée, il est possible d'explorer la pièce. En dehors des piles de cadavres et des cages, elle contient aussi un trône sur lequel est assise une statue de la
Langue Sanglante, statue tellement laide que Nathalie se demande si elle devrait la photographier si elle avait son appareil photo (ou plus exactement, si elle revient après). Sur ce trône est posée une
montre marine de grande précision (que Mac Pheet garde, et qui ne présente rien de remarquable si ce n'est l'endroit où elle a été trouvée), et derrière le trône se trouve un tunnel dissimulé que la troupe emprunte.
Malheureusement,
Djakité et
Pierson ne sont pas aussi discrets qu'ils ne le pensaient (leur talent est de se dissimuler dans la foule, ce qui est difficile quand il n'y en a pas), et un garde arrive :
Bundari demande à tout le monde de boire la potion d'invisibilité. Une
horreur chasseresse est invoquée, mais même elle ne voit rien ; les gardes, qui ne sont pas nés de la dernière pluie (les pluies sont plus fréquentes qu'on ne le pense au Kenya) et sont suffisamment paranoïaques pour être encore en vie, pensent que leurs ennemis sont invisibles, et décident d'aller protéger
M'Weru.
La troupe invisible arrive donc dans une salle immense, décorée dans un style tentaculé et éclairée par des champignons phosphorescents.
M'Weru est près de l'autel entourée de gardes, et
Hypathia Masters est allongée un peu plus loin, la peau de son ventre tellement distendue par sa grossesse de cinquante mois qu'on peut voir l'horrible créature luminescente à travers. Les héros prennent plus de dix minutes pour discuter de leur plan (ils ne peuvent pas être entendus par leurs ennemis), et se demandent notamment ce qui est considéré comme une « attaque », et donc ce qu'ils peuvent se permettre de faire avant de redevenir visibles : peut-on allumer un bâton de dynamite ? Devient-on visible dès qu'on donne un coup d'épée, ou au moment où l'épée touche l'adversaire ? En tout cas, il est sûr que si leurs ennemis les touchent, ils redeviendront visibles, et c'est donc le plus discret qui devra tuer M'Weru, et non le meilleur tireur (à bout portant, ce n'est pas un facteur déterminant).
Finalement, le combat durera cinq secondes. Mais c'est alors qu'Hypathia commence à incanter... Elle se fait tuer immédiatement d'un coup de dague enchanté de Mac Pheet. Mais c'est alors que la créature sort de son ventre et prend l'homme dans ses tentacules... Le lancer de la deuxième dague tuera le monstre instantanément, et cette fois, il n'y a plus personne (à part les centaines de cultistes à l'extérieur, c'est pourquoi il est décidé de ne pas traîner, même s'ils n'ont probablement rien entendu).
Les prisonniers sont libérés et escortés dans le tunnel. Ils sortent donc à l'air libre une semaine plus tard.
17 maiNathalie continue à vouloir écrire son article : pour elle, c'est le seul moyen d'inciter le peuple à résister au culte de la Langue Sanglante et d'obliger les forces de l'ordre à intervenir pour démanteler le culte, et on ne gagnera rien à le laisser tabou. Marie au contraire pense qu'il faut respecter les prisonniers qui veulent peut-être laisser tout cela derrière eux. Il est finalement décidé que l'article ne sera publié que si les ex-prisonniers y consentent.