Depuis quand on a un deuxième égyptologue dans le groupe ? Surtout de Miskatonic... Je suis désolé, mais j'ai réservé la chaire d'archéologie de cette université, et l'ai menée au bord de la faillite. Enfin, je pense que si tu m'as comme patron, tu peux négocier avec Stellamaris un bonus de SAN. Mon pauvre...
Je te présente donc ton directeur, le professeur d'archéologie et d'anthropologie Kenneth Ian (Chicago, 1884 ; ) :

Souvent abandonné par ses parents à la bibliothèque publique de Chicago, Kenneth a grandi au milieu des livres. Tout ce qu'il connaît du monde, il l'a appris dans la section 930 : les civilisations qu'il y découvre lui semblent bien plus censées que le monde dans lequel il vit. En 1905, Kenneth suit les cours du professeur James Henry Breasted, ce qui le décide à faire carrière dans l'étude des peuples du Croissant Fertile ; la même année, il insiste pour l'accompagner dans son expédition vers l'Egypte et le Soudan. Quelques années après son retour, il soutient sa thèse sur l'archéologie nubienne.
Se sentant plus proche du peuple nubien que de l'intelligentsia illinoisaise, il continue ses études par un doctorat en anthropologie, à l'université Miskatonic cette fois. Pendant cinq ans, il va participer à la vie des autochtones, partageant presque toutes leurs pratiques (il n'ira toutefois pas jusqu'à se faire scarifier les tempes). Il ne revient à la civilisation occidentale que pour prêter main forte à des confrères archéologues, notamment Aubrey Penhew. En 1913, il assiste George Reisner à Kerma, et une profonde amitié se tisse entre les deux hommes. C'est ensemble qu'en 1916, ils s'attaquent au plus grand monument de l'archéologie nubienne : Meroë.
Rentré temporairement à Miskatonic en 1919, il est contacté par Roger Carlyle, à qui il a été recommandé par Penhew. Le richissime homme d'affaire lui offre une fortune pour abandonner ses travaux et se consacrer aux siens. Kenneth Ian a toujours eu une vision désintéressée de l'archéologie : après tout, Breast n'a-t-il pas réussi à faire une grande carrière par ses seuls moyens et sans aucun soutien (à part John Rockefeller, mais ce n'est pas comme s'il était riche, si ?). Insulté par la proposition, il jette Carlyle de son bureau. Il est à peine surpris en apprenant le sort de l'expédition, qu'il considère comme la preuve que l'ingérence d'incultes fortunés ne peut pas donner de résultats, sinon la destruction de précieux artefacts et à la publication d'articles racoleurs.
La façon dont il traite ses mécènes potentiels fait que le professeur Ian a du mal à trouver des financements pour ses expéditions (inexistants en dehors de ceux la fondation Penhew) et depuis son retour de Méroë en 1923, il ne s'occupe que de (mal) gérer le département d'égyptologie, d'authentifier et d'étudier les artefacts égyptiens et nubiens de la collection de l'université Miskatonic et donner des cours d'archéologie (il ne donne plus de cours d'anthropologie depuis que des parents se sont plaint que leur fils se soit pris une flèche en TP). Le niveau des élèves est déplorable. Il y a ceux qui sont apparemment là parce qu'ils ont vu de la lumière et qui viennent juste cuver leur bière. Il y a ceux qui espéraient des A faciles et qui ont vite déchanté. Il y a ceux qui viennent à cause d'idées romantiques qu'ils se font sur l'égyptologie et qui n'ont rien à voir avec la réalité (sauf pour Howard Carter évidemment, mais depuis quand Carter a-t-il un quelconque lien avec l'égyptologie ?). Et puis il y a la dernière catégorie (heureusement réduite à une élève) de ceux qui écoutent, et prennent très à cœur son enseignement, comme s'ils comptaient vraiment utiliser les connaissances qu'il leur inculque sur les dieux et démons d’Égypte et de Nubie... Mais après tout, puisqu'il faut faire cours, autant faire en sorte que quelqu'un en tire quelque chose, et qu'importe que Martha Rossland semble être une fanatique bonne à interner ?
Sans nouvelle source de financement, il est certain que le département d'égyptologie ne va pas rester ouvert longtemps, et il est donc essentiel que la fondation Penhew continue à payer. C'est pourquoi le professeur Ian va tout faire pour laver l'honneur de son fondateur. Après tout, c'est probablement un malentendu : qui n'a jamais eu à souffrir de préjugés après avoir reproduit des cérémonies païennes ?
(Je complèterai ce background quand j'en aurai discuté avec Totoro et Wolfman).