par Sidéral » Lun Juin 16, 2014 6:59 pm
Nous nous reposons sur l'île; quelques précieux jours; et enfin, le départ, vers Albion et ses comptes à régler, son adversaire immense. Au bout de quatre jours de voyage, nous voyons les côtes approcher et, après quelques moments de débrouille et d'intuition pour trouver le bon endroit, nous accostons près du rivage.
Lors d'une pique de Cariole, plein de fureur, mon corps se couvre d'épines suintant de poison, et aussitôt ce dernier prend peur ... quelques secondes. Mais comme toi, ma Marie, tu as peur, pour toi et seulement toi je reste calme. Prenant la rose que je t'ai offerte et qui orne tes cheveux, je lui rends fraîcheur et jeunesse ...
Nous rencontrons une petite caravane, deux hommes et une roulotte; l'un des deux est blessé et je diagnostique une gangrène de la jambe qu'il faut amputer; finalement lorsque nous découvrons que les hommes sont des esclavagistes, nous les empoisonnons et délivrons les deux femmes qu'ils détenaient : Cathy et "Kara"; elles sont effrayées par nos "mutations", que je ne considère plus guère que comme des cadeaux, de Gaïa. Enfin, je ne sais pas si je dois vraiment l'appeler comme cela, mais le terme je l'avoue m'aide à désigner quelque chose; je dirais une force naturelle, de changement, qui m'a fait le plus beau cadeau qui soit : m'aider à m'accepter, à être ce que je suis, en me donnant tout en me prenant : douze ans de ma vie contre sa caresse. Mais je me le demande; est-ce que je la vénère ? Je crois bien que non. Je sais qu'elle est là, c'est tout.
Et c'est sur cette réflexion que nous atteignons Londres, en laissant les jeunes femmes s'en aller, manifestement effrayées par nous; l'avenir dira qu'elles auraient dû rester avec nous. Enfin, je crois. J'espère qu'elles auront réussi à fuir cette île abandonnée des espoirs des hommes, mais j'ai peur que non ...
Nous voyons que Londres est manifestement dévastée, détruite, mais une ligne de métro est encore visible, et les tunnels semblent encore en bon état ! Nous prenons la ligne « verte », semblant mener via des correspondances vers le British Museum, là où seraient les réponses à nos questions.
Lorsque nous descendons, nous sommes accueillis par une nuée de chauve-souris, et des traces de poudre un peu partout, comme ci les accès du métro et pas mal de mur avaient été explosés ...
Et au plus loin des quais, dans les tunnels, enfin un signe de vie humaine : des barricades manifestement relativement récentes, vers Wimbledon East Putney, et des voix d'hommes nous demandant lorsque nous trouvons un accès vers un lieu qui semble habité de laisser nos armes à des râteliers. Nous acceptons, mais en restant méfiants.
Mais rapidement, notre méfiance retombe : nous rencontrons trois personnes, un roux coiffé à la brosse, un peu antipathique et brûlé de partout, un autre homme très fin travaillant sur un établi, bricolant des merdes sans nom, et une femme assez forte physiquement, d'environ la cinquantaine ; Lee, Phil « The Artist » et Caitlinn. Nous nous installons avec eux, et ils nous disent avoir vécu en surface quelques temps, dans des bâtiments bien équipés, avec une bonne communauté, mais tout changea il y a deux ans, lorsqu'un américain, nommé Bill a débarqué, avec des rumeurs ; ils rassemblerait des gens, essaierait de bricoler pour créer un QG, une forte communauté. Il plaisait aux gens, et informa les gens que l’Amérique était recouverte par la végétation et surtout la vermine, qu'il serait le dernier américain sur terre, et peu après des créatures ont débarqué, des sortes de mélanges entre araignées et insectes, à la chitine extrêmement dure et aux pinces terribles, qui coupaient facilement des véhicules ou des gens en deux !
Selon eux, « les chamans ont prophétisé la fin de notre monde, les vraies catastrophes arrivent maintenant ... »
Et à ce qu'il semble, les choses qui sont arrivées ont tout dévasté en moins d'une heure. Bill est devenu leur leader, et leur a assuré que les murailles qu'il avaient construit leur ont permis de se protéger, et à ce qu'il semble, ils sont retranchés dans un camp au cœur de ce qui était Londres, ou plutôt son métro …
Et ceux qui construisaient à la surface se voyaient tués, le ciment semblait ne pas suffire face aux bêtes, et leur assaut a tué beaucoup de personnes, et nulle âme n'est en sécurité, là haut, à la surface. Le groupe qui nous a accueillis, lui, trouve que les gens ne sont pas nets à suivre Bill, et lui même s'est apparemment mis à prendre toutes les femmes pour lui, et continuerait à enlever des gens ...
Alors que nous nous détendons, après ces étranges révélations, j'avoue mes sentiments à Marie. Elle pose ses lèvres sur ma joue, sans rien rajouté. Si je dois mourir, je ne sais pas si je serai heureux et que je me dirai que toute ma vie est accomplie, mais il est certain qu'aujourd'hui, je ne mourrai pas. Le lendemain, au réveil, après le fait qu'il m'a semblé voir Peau-Molle et Caitlinn partir dormir ensemble, Victoria est manquante ; nous la retrouvons dans un tunnel après qu'elle nous ait assurés que son frère a « fait neiger » dans toute la ville ! Nous sortons, et effectivement, des stalagmites et et la glace sont visibles à perte de vue, des dizaines de mètres à certains endroits ! Nous nous dirigeons vers Big Ben, qui serait selon toute vraisemblance la capitale des ennemis de ceux que nous venons de quitter. Et la tour n'est pas sous la glace, mais autour d'elle nous voyons des montagnes de sacs de sable gelés, et Tower Bridge plus loin n'est pas prise dans les glaces non plus.
Nous allons à leur rencontre, et voyons leur chaman, qui nous apprend que Londres était maudite, et un homme, Philippe, vient à notre rencontre, pour nous dire que nous ne pourrons rencontrer Bill que si nous avons la « bénédiction » de leur chaman ; il semble bloquer sur Silva, n'ose pas toucher Victoria et nous dit que Gaïa est forte dans Marie.
Nous finissons par rencontrer Bill; un homme avec une cravate texane, un chapeau de cow-boy; il nous dit que ce qui arrive à Londres est déjà arrivé sur le continent américain, et la forêt a tout détruit en poussant. Bill nous dit que Grüter a été repéré et qu'il vit sous le British Museum, de ce qu'il en sait, il regrette apparemment les expériences qu'il aurait faites. Finalement, après pas mal de discussions, nous décidons de libérer les femmes prisonnières ici et régulièrement violées, et nous nous débarrassons des fidèles de Bill, alors que je me fais braquer deux lianes sortent de mes poignets et prennent les vies de deux hommes dangereux; mais Bill me tire mortellement trois balles dans le torse. Alors que la sève qu'est mon sang sort de mes veines et se répand sur le dallage de la cour, Victoria se penche sur moi et impose ses mains; mon corps se régénère à vitesse grand V, et je suis bientôt sur mes pieds !
Nous filons alors a musée; Marie se met alors à avoir une violente crise d'asthme, et Victoria m'informe qu'elle va la soigner à jamais; et elle lui impose à son tour les mains ! Elle nous dit qu'elle a parlé avec Boule de Neige, et qu'il arrive avec des amis à lui. Nous rentrons alors dans le musée, qui semble avoir été pillé des dizaines de fois ! Les vitrines sont brisées, et quasiment tous les objets à part les plus inutiles manquent, et ceux qui restent semblent surtout avoir été oubliés !
Nous prenons le dernier ascenseur qui semble fonctionner, et arrivons dans une grande salle sombre, et nous sommes sur une sorte de balustrade en carré, voyant en bas une sorte d'escalator et de grandes portes vitrées, avec un sas de sécurité.
Nous entendons une musique, et je me vois danser avec Martha, mon amour de jeunesse, au bal. Et je comprends aussitôt que les souvenirs ne sont pas les miens. Victoria gèle le digicode du sas et laisse maintenant des traces de glace derrière elle; elle dégage une grande énergie et des volutes de fumée venant de la glace qui semble la composer !
Dans la pièce, beaucoup d'ordinateurs et d'écrans et sur un grand écran, la vidéo de la chanson dont le souvenir qui n'était pas mien m'est revenu. Nous rencontrons alors finalement une personne assez âgée, rabougrie, qui nous salut d'un "bonjour mes enfants".
Eléa lui dit alors que non, pas elle, et la réponse de l'homme semble le confirmer. Il reconnaît formellement Victoria et moi, qu'il appelle numéro 23. Il confirme être Grüter, parle de greffe qu'il aurait créée, et me demande un échantillon de sang. Je le menace avec les "lianes" dont je suis pourvu. Mais je finis par le lui donner ... Il y aurait apparemment eu un effet secondaire de ses expériences, des "faux mutants", rebuts, et me dit qu'il m'a échangé enfant contre un sac de riz.
Selon lui, j'aurais son cerveau et sa mémoire, chose à laquelle je ne crois pas du tout … Il nous dit aussi qu'il sait que les Skoptzy auraient transformé les parents d'Eléa en serpents. Nous parle d'un homme extrêmement dangereux, qui voudrait tout tuer, qui mangerait de la terre, serait vieux, son corps plein de veines noires … Son interlocuteur privilégié selon Grüter aimerait « les oiseaux ».
Ensuite, nous sommes informé que le numéro 22 serait boule de neige. Il a trouvé deux enfants abandonnés en pleine forêt qu'il a récupérés, a fait des greffes diverses, ce qui serait selon lui « la routine ». Nous serions quatre avec mon « frère », l'autre Légion ; nous avons « tenu » et grandi et selon Grüter, « ça a merdé », mais ce ne serait pas sa faute. Je ressens de la répulsion, et il nous dit que c'est ce qu'aurait développé Boule de Neige, qui l'aurait développée d'instinct, apparemment il semblait tout détruire dans le laboratoire ; il n'aimait pas Grüter et aurait tout fait sauter dans son laboratoire, il nous parle également de « Nikita », qui se prendrait selon lui pour un dragon antéchristique … Il aurait d'ailleurs traité avec Raël dernièrement ! Il aurait même récupéré les Skoptzy. Légion est venu voir Grüter sous forme de brouillard, et lui a dit qu'il était dans l'incarnation, qui serait la chose que nous avons déjà vu. Il veut nous offrir « un chocolat », qu'il nous fait couler en clopinant, et a vue, nous voyons Peau-Molle se couvrir de chitine et devenir un quasi-insecte sur deux pattes et Silva se couvrir de muscles énormes.
Ensuite, Grüter nous dit de nous méfier des manchots, et des oiseaux. Ensuite, nous apprenons que selon lui pour Paris c'était l'incarnation, et soudain la terre se met à trembler extrêmement fort. Victoria nous dit de partir, qu'il arrive et va tout détruire, et Grüter, déjà dément, se met à véritablement embrasser la folie. Abed est dehors, et nous attend avec une jeep, avec un homme manchot, typé italien du sud, en treillis et AK47 ; le conducteur est un grand costaud.
Il semblerait que quelqu'un se soit joué de nous … selon Abed.
Un homme nous attend sur le bateau, les oreilles décollées, rasé avec une petite moustache ; il semble muet. Nous arrivons plus tard à Saint Malo … Une brume et un visage familier qui s'imprime sur cette brume. C'est Légion.
Et toujours cette étrange voix : « Je suis Légion, suivez moi. Bientôt vous devrez choisir un camp. Nous devons l'aider car elle mourra sinon, ils vont la brûler, ils vont tout brûler. L'appel au bandana a été lancé, mais les gens se lient à eux. Il faut les arrêter. Vous devez aller sur Paris, dans quatre jours, l'incarnation reviendra. Elle a besoin de vous, et je ne peux rester plus longtemps ... »
Quelques heures plus tard, l'un des membres de notre groupe semble avoir assassiné le manchot.
Nous décidons de ce que nous allons faire. J'informe ma tendre Marie que je vais partir à Paris, et que je veux qu'elle vienne, car si les hommes tuent la nature, nous en faisons partie. Et je ne veux pas qu'elle meure, que je mourrais pour la protéger. Elle fond en larme dans mes bras en me disant qu'elle restera à jamais avec moi et m'appelant "mon amour". Mon destin sera à jamais lié au sien. Eléa veut partir, et me serre dans ses bras, elle restera avec les malouins, qui veulent partir à Jersey. Cariole partira aussi. Silva ne sait pas, mais il prend une claque de Fiona en l'informant qu'il ne restera pas avec elle alors qu'elle est enceinte de lui. Peau-Molle n'ira pas non plus, et nous quitte. Et Marie, l'amie d'Eléa, elle, veut aller là bas, afin de tuer son père, et nous quitte dès maintenant.
Et là, nos destins divergent ; nous dissolvons notre petite communauté itinérante, forts de ces moments partagés. Mais il est impossible de ne pas être liés à jamais, et il semble certain que quelques chemins se recroiseront …
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.
Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant.
"J'ai expliqué le principe de Monsterhearts à ma femme. Ça l'a beaucoup fait rire, puis elle m'a dit qu'elle préférait encore jouer du yaoi dans un camp de concentration nazi." /
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