Chroniques

Re: Chroniques

Messagepar Sidéral » Dim Juin 15, 2014 9:35 am

Alors que nous retournons au camp, Ephraïm est étrange, dans un mutisme étonnant venant de sa part; et le temps glacial n'aide pas. Je me pelotonne contre Marie, qui semble elle aussi glacée. Sans doute le sang qui coule dans nos veine affecte-t-il également nos résistances. Je sens que mes "pouvoirs", eux, ne sont plus actifs, alors je fais attention à ne pas poser ma peau sur celle de celle qui m'est déjà si proche. Nous couvrons les enfants avec la peau du serpent géant, découpée afin de leur donner des vêtements solides.

La petite démente, elle, "s'amuse" à plonger ses mains dans le feu, à insulter Peau Molle, et s'enfuit dans la forêt lorsqu'elle se met à l'insulter. Marc et Lancelot réussissent à la ramener, et elle sourit dans sa folie.

Les enfants eux, avec le froid sont de plus en plus mal; et Ephraïm se met maintenant à déconner à pleins tubes, alors que Victoria via ses pouvoirs réussit à sauver pas mal des enfants malades. Nous choisissons de préparer nos affaires et de partir vers Saint Malo, en affrontant la brume dans le Gorilla Gong alors que les enfants sont pour certains au plus mal. Quelques jours plus tard, la terre ... Et pendant ce temps, Marie (l'amie d'Elea) et Lancelot semblent s'être rapprochés !

Mais sur la terre, près des docks, nous voyons des formes humaines ; des tentes sur les quais et nous engageons la discussion une fois débarqués : ils ont mangé nos provisions que nous avions cachées dans une grotte ! Des insectes auraient dévorés leurs villages, alors ils ont choisi de bouger à Saint Malo et de s'y fixer pour survivre. Ils proposent pour s'en excuser de s'occuper des enfants, afin de pouvoir en plus agrandir leur communauté : avec une grande joie et un soulagement immense pour nous, leur offre est acceptée ! On nous dit aussi que les "boulonneurs", une communauté pas très loin pourrait nous permettre d'acquérir du matériel et de quoi tenir pour la suite.


Pour le moment, nous préférons rester un peu près de St Malo, histoire de nous remettre de nos émotions, et de veiller à ce que les membres du village aient de quoi survivre; je laisse un peu de morphine pure au médecin du village en cas de soucis, et avec ma douce Marie nous allons cueillir des plantes; elle semble en confiance avec moi et montre un peu plus sa peau. Moi même, près d'elle, je me sens étrangement bien ...

Mais la petite, elle, est vraiment mal, nous devons l'attacher après divers incidents avec un cochon dans le village, (avec un cochon qu'elle a tripoté, entre autres), et Silva semble avoir fait des choses étranges avec un bouc immense et puissant. J'essaie de mon côté de droguer la petite, "l'atome" comme elle s'est déjà appelée pour qu'elle reste calme près de nous.

Et Silva et Fiona se rapprochent étrangement ... pendant que Marie et moi dormons ensemble, en sécurité l'un avec l'autre.

Et finalement, nous allons voir chez les boulonneurs ce qu'ils peuvent nous apporter, : mais d'abord, nous tombons sur ce qui semble être d'anciens entrepôts, des bâtiments étranges dans lesquels nous fouillons consciencieusement et finissons par trouver des conserves et des fers de hache, entre autres ! Mais, subitement, nous sommes agressés par le froid ! Nous allons devoir passer la nuit dans cet endroit glacial. Je parle beaucoup avec Marie, et quand elle me dit qu'elle me voit comme un père ou un grand frère, je me sens bizarre, comme un peu déçu ...

Mais dans la nuit, un problème arrive. Alors que nous avions organisé des tours de garde, des créatures étranges nous entourent ; Marie fuit alors que des êtres bavants qui semblent avoir été humains il y a longtemps nous attaquent ! Je sauve Marie, en tirant une flèche droit dans la tête d'un des monstres, et la prends dans mes bras pour la calmer ; elle est effrayée parce qu'elle croit qu'ils sont des mutants, mais je la calme et lui faisant comprendre que nous sommes des mutants ; et en lui jurant de la protéger toujours … En allant examiner les corps ennemis, je m'aperçois que les créatures avaient la rage ! Ces monstres furent vraiment humains !

Nous nous réveillons le matin et continuons notre route, finissant par trouver la communauté qui vit dans un camp retranché et fortifié dans lequel ils diffusent de la musque en permanence afin de chasser la vermine ! Nous faisons connaissance, tissons quelques liens, et décidons d'aider un peu les personnes du camp, afin de pouvoir voir l'évolution du temps et de pouvoir avoir un stock de nourriture et d'objets utiles pour la suite de notre voyage. J'apprends à lire aux enfants, j'aide les blessés éventuels (mais peu nombreux, cette communauté est vraiment étrangement paisible!), et nous restons un bon moment, notamment pour aider Silva qui semble avoir besoin de temps, encore avec une étrange histoire de bouc !

Après une semaine, nous partons sur la route pour retrouver Saint Malo, et nous rencontrons des hommes sur la route, avec une roulotte. Finalement, ils prennent peur de nous en se rendant compte que la plupart des membres du groupe sont des mutants, et nous nous en débarrassons, par exemple en tirant une flèche sédative pour ma part. Nous découvrons une esclave avec eux, qui pendant une bonne partie du voyage se tait malade, mais qui finit par fuir une fois soignée et qu'elle a appris que nous étions mutants … Elle s'enfuit et nous la laissons faire, et finissons par retrouver son cadavre le lendemain matin de sa fuite, manifestement tuée par un animal.

Lorsque nous retrouvons Saint Malo, Gong nous demande, et lorsque nous allons le voir, il nous propose son bateau contre notre voiture ; nous acceptons, pour pouvoir partir vers l'Angleterre : nous ferons pour cela quelques essais dans la baie et visons ensuite comme premier arrêt les îles anglo-normandes pour pouvoir voir si nous sommes capables de faire la traversée.

Nous débarquons donc à Jersey, revenue à l'état sauvage, et alors que je demande à Gaïa de me guider, une chose étrange se produit : alors qu'une rose sauvage que j'avais vue près de moi était rouge, elle a changé et est devenue blanche ! Je l'offre à Marie, qui la glisse dans ses cheveux en me remerciant timidement ; je la sens touchée, et je le suis aussi de la beauté de son sourire ...
"J'ai expliqué le principe de Monsterhearts à ma femme. Ça l'a beaucoup fait rire, puis elle m'a dit qu'elle préférait encore jouer du yaoi dans un camp de concentration nazi." / https://www.flickr.com/photos/145354677@N08/
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Re: Chroniques

Messagepar Sidéral » Lun Juin 16, 2014 6:59 pm

Nous nous reposons sur l'île; quelques précieux jours; et enfin, le départ, vers Albion et ses comptes à régler, son adversaire immense. Au bout de quatre jours de voyage, nous voyons les côtes approcher et, après quelques moments de débrouille et d'intuition pour trouver le bon endroit, nous accostons près du rivage.

Lors d'une pique de Cariole, plein de fureur, mon corps se couvre d'épines suintant de poison, et aussitôt ce dernier prend peur ... quelques secondes. Mais comme toi, ma Marie, tu as peur, pour toi et seulement toi je reste calme. Prenant la rose que je t'ai offerte et qui orne tes cheveux, je lui rends fraîcheur et jeunesse ...

Nous rencontrons une petite caravane, deux hommes et une roulotte; l'un des deux est blessé et je diagnostique une gangrène de la jambe qu'il faut amputer; finalement lorsque nous découvrons que les hommes sont des esclavagistes, nous les empoisonnons et délivrons les deux femmes qu'ils détenaient : Cathy et "Kara"; elles sont effrayées par nos "mutations", que je ne considère plus guère que comme des cadeaux, de Gaïa. Enfin, je ne sais pas si je dois vraiment l'appeler comme cela, mais le terme je l'avoue m'aide à désigner quelque chose; je dirais une force naturelle, de changement, qui m'a fait le plus beau cadeau qui soit : m'aider à m'accepter, à être ce que je suis, en me donnant tout en me prenant : douze ans de ma vie contre sa caresse. Mais je me le demande; est-ce que je la vénère ? Je crois bien que non. Je sais qu'elle est là, c'est tout.

Et c'est sur cette réflexion que nous atteignons Londres, en laissant les jeunes femmes s'en aller, manifestement effrayées par nous; l'avenir dira qu'elles auraient dû rester avec nous. Enfin, je crois. J'espère qu'elles auront réussi à fuir cette île abandonnée des espoirs des hommes, mais j'ai peur que non ...

Nous voyons que Londres est manifestement dévastée, détruite, mais une ligne de métro est encore visible, et les tunnels semblent encore en bon état ! Nous prenons la ligne « verte », semblant mener via des correspondances vers le British Museum, là où seraient les réponses à nos questions.

Lorsque nous descendons, nous sommes accueillis par une nuée de chauve-souris, et des traces de poudre un peu partout, comme ci les accès du métro et pas mal de mur avaient été explosés ...
Et au plus loin des quais, dans les tunnels, enfin un signe de vie humaine : des barricades manifestement relativement récentes, vers Wimbledon East Putney, et des voix d'hommes nous demandant lorsque nous trouvons un accès vers un lieu qui semble habité de laisser nos armes à des râteliers. Nous acceptons, mais en restant méfiants.

Mais rapidement, notre méfiance retombe : nous rencontrons trois personnes, un roux coiffé à la brosse, un peu antipathique et brûlé de partout, un autre homme très fin travaillant sur un établi, bricolant des merdes sans nom, et une femme assez forte physiquement, d'environ la cinquantaine ; Lee, Phil « The Artist » et Caitlinn. Nous nous installons avec eux, et ils nous disent avoir vécu en surface quelques temps, dans des bâtiments bien équipés, avec une bonne communauté, mais tout changea il y a deux ans, lorsqu'un américain, nommé Bill a débarqué, avec des rumeurs ; ils rassemblerait des gens, essaierait de bricoler pour créer un QG, une forte communauté. Il plaisait aux gens, et informa les gens que l’Amérique était recouverte par la végétation et surtout la vermine, qu'il serait le dernier américain sur terre, et peu après des créatures ont débarqué, des sortes de mélanges entre araignées et insectes, à la chitine extrêmement dure et aux pinces terribles, qui coupaient facilement des véhicules ou des gens en deux !

Selon eux, « les chamans ont prophétisé la fin de notre monde, les vraies catastrophes arrivent maintenant ... »


Et à ce qu'il semble, les choses qui sont arrivées ont tout dévasté en moins d'une heure. Bill est devenu leur leader, et leur a assuré que les murailles qu'il avaient construit leur ont permis de se protéger, et à ce qu'il semble, ils sont retranchés dans un camp au cœur de ce qui était Londres, ou plutôt son métro …

Et ceux qui construisaient à la surface se voyaient tués, le ciment semblait ne pas suffire face aux bêtes, et leur assaut a tué beaucoup de personnes, et nulle âme n'est en sécurité, là haut, à la surface. Le groupe qui nous a accueillis, lui, trouve que les gens ne sont pas nets à suivre Bill, et lui même s'est apparemment mis à prendre toutes les femmes pour lui, et continuerait à enlever des gens ...

Alors que nous nous détendons, après ces étranges révélations, j'avoue mes sentiments à Marie. Elle pose ses lèvres sur ma joue, sans rien rajouté. Si je dois mourir, je ne sais pas si je serai heureux et que je me dirai que toute ma vie est accomplie, mais il est certain qu'aujourd'hui, je ne mourrai pas. Le lendemain, au réveil, après le fait qu'il m'a semblé voir Peau-Molle et Caitlinn partir dormir ensemble, Victoria est manquante ; nous la retrouvons dans un tunnel après qu'elle nous ait assurés que son frère a « fait neiger » dans toute la ville ! Nous sortons, et effectivement, des stalagmites et et la glace sont visibles à perte de vue, des dizaines de mètres à certains endroits ! Nous nous dirigeons vers Big Ben, qui serait selon toute vraisemblance la capitale des ennemis de ceux que nous venons de quitter. Et la tour n'est pas sous la glace, mais autour d'elle nous voyons des montagnes de sacs de sable gelés, et Tower Bridge plus loin n'est pas prise dans les glaces non plus.

Nous allons à leur rencontre, et voyons leur chaman, qui nous apprend que Londres était maudite, et un homme, Philippe, vient à notre rencontre, pour nous dire que nous ne pourrons rencontrer Bill que si nous avons la « bénédiction » de leur chaman ; il semble bloquer sur Silva, n'ose pas toucher Victoria et nous dit que Gaïa est forte dans Marie.

Nous finissons par rencontrer Bill; un homme avec une cravate texane, un chapeau de cow-boy; il nous dit que ce qui arrive à Londres est déjà arrivé sur le continent américain, et la forêt a tout détruit en poussant. Bill nous dit que Grüter a été repéré et qu'il vit sous le British Museum, de ce qu'il en sait, il regrette apparemment les expériences qu'il aurait faites. Finalement, après pas mal de discussions, nous décidons de libérer les femmes prisonnières ici et régulièrement violées, et nous nous débarrassons des fidèles de Bill, alors que je me fais braquer deux lianes sortent de mes poignets et prennent les vies de deux hommes dangereux; mais Bill me tire mortellement trois balles dans le torse. Alors que la sève qu'est mon sang sort de mes veines et se répand sur le dallage de la cour, Victoria se penche sur moi et impose ses mains; mon corps se régénère à vitesse grand V, et je suis bientôt sur mes pieds !

Nous filons alors a musée; Marie se met alors à avoir une violente crise d'asthme, et Victoria m'informe qu'elle va la soigner à jamais; et elle lui impose à son tour les mains ! Elle nous dit qu'elle a parlé avec Boule de Neige, et qu'il arrive avec des amis à lui. Nous rentrons alors dans le musée, qui semble avoir été pillé des dizaines de fois ! Les vitrines sont brisées, et quasiment tous les objets à part les plus inutiles manquent, et ceux qui restent semblent surtout avoir été oubliés !

Nous prenons le dernier ascenseur qui semble fonctionner, et arrivons dans une grande salle sombre, et nous sommes sur une sorte de balustrade en carré, voyant en bas une sorte d'escalator et de grandes portes vitrées, avec un sas de sécurité.
Nous entendons une musique, et je me vois danser avec Martha, mon amour de jeunesse, au bal. Et je comprends aussitôt que les souvenirs ne sont pas les miens. Victoria gèle le digicode du sas et laisse maintenant des traces de glace derrière elle; elle dégage une grande énergie et des volutes de fumée venant de la glace qui semble la composer !

Dans la pièce, beaucoup d'ordinateurs et d'écrans et sur un grand écran, la vidéo de la chanson dont le souvenir qui n'était pas mien m'est revenu. Nous rencontrons alors finalement une personne assez âgée, rabougrie, qui nous salut d'un "bonjour mes enfants".

Eléa lui dit alors que non, pas elle, et la réponse de l'homme semble le confirmer. Il reconnaît formellement Victoria et moi, qu'il appelle numéro 23. Il confirme être Grüter, parle de greffe qu'il aurait créée, et me demande un échantillon de sang. Je le menace avec les "lianes" dont je suis pourvu. Mais je finis par le lui donner ... Il y aurait apparemment eu un effet secondaire de ses expériences, des "faux mutants", rebuts, et me dit qu'il m'a échangé enfant contre un sac de riz.

Selon lui, j'aurais son cerveau et sa mémoire, chose à laquelle je ne crois pas du tout … Il nous dit aussi qu'il sait que les Skoptzy auraient transformé les parents d'Eléa en serpents. Nous parle d'un homme extrêmement dangereux, qui voudrait tout tuer, qui mangerait de la terre, serait vieux, son corps plein de veines noires … Son interlocuteur privilégié selon Grüter aimerait « les oiseaux ».

Ensuite, nous sommes informé que le numéro 22 serait boule de neige. Il a trouvé deux enfants abandonnés en pleine forêt qu'il a récupérés, a fait des greffes diverses, ce qui serait selon lui « la routine ». Nous serions quatre avec mon « frère », l'autre Légion ; nous avons « tenu » et grandi et selon Grüter, « ça a merdé », mais ce ne serait pas sa faute. Je ressens de la répulsion, et il nous dit que c'est ce qu'aurait développé Boule de Neige, qui l'aurait développée d'instinct, apparemment il semblait tout détruire dans le laboratoire ; il n'aimait pas Grüter et aurait tout fait sauter dans son laboratoire, il nous parle également de « Nikita », qui se prendrait selon lui pour un dragon antéchristique … Il aurait d'ailleurs traité avec Raël dernièrement ! Il aurait même récupéré les Skoptzy. Légion est venu voir Grüter sous forme de brouillard, et lui a dit qu'il était dans l'incarnation, qui serait la chose que nous avons déjà vu. Il veut nous offrir « un chocolat », qu'il nous fait couler en clopinant, et a vue, nous voyons Peau-Molle se couvrir de chitine et devenir un quasi-insecte sur deux pattes et Silva se couvrir de muscles énormes.

Ensuite, Grüter nous dit de nous méfier des manchots, et des oiseaux. Ensuite, nous apprenons que selon lui pour Paris c'était l'incarnation, et soudain la terre se met à trembler extrêmement fort. Victoria nous dit de partir, qu'il arrive et va tout détruire, et Grüter, déjà dément, se met à véritablement embrasser la folie. Abed est dehors, et nous attend avec une jeep, avec un homme manchot, typé italien du sud, en treillis et AK47 ; le conducteur est un grand costaud.

Il semblerait que quelqu'un se soit joué de nous … selon Abed.

Un homme nous attend sur le bateau, les oreilles décollées, rasé avec une petite moustache ; il semble muet. Nous arrivons plus tard à Saint Malo … Une brume et un visage familier qui s'imprime sur cette brume. C'est Légion.

Et toujours cette étrange voix : « Je suis Légion, suivez moi. Bientôt vous devrez choisir un camp. Nous devons l'aider car elle mourra sinon, ils vont la brûler, ils vont tout brûler. L'appel au bandana a été lancé, mais les gens se lient à eux. Il faut les arrêter. Vous devez aller sur Paris, dans quatre jours, l'incarnation reviendra. Elle a besoin de vous, et je ne peux rester plus longtemps ... »

Quelques heures plus tard, l'un des membres de notre groupe semble avoir assassiné le manchot.

Nous décidons de ce que nous allons faire. J'informe ma tendre Marie que je vais partir à Paris, et que je veux qu'elle vienne, car si les hommes tuent la nature, nous en faisons partie. Et je ne veux pas qu'elle meure, que je mourrais pour la protéger. Elle fond en larme dans mes bras en me disant qu'elle restera à jamais avec moi et m'appelant "mon amour". Mon destin sera à jamais lié au sien. Eléa veut partir, et me serre dans ses bras, elle restera avec les malouins, qui veulent partir à Jersey. Cariole partira aussi. Silva ne sait pas, mais il prend une claque de Fiona en l'informant qu'il ne restera pas avec elle alors qu'elle est enceinte de lui. Peau-Molle n'ira pas non plus, et nous quitte. Et Marie, l'amie d'Eléa, elle, veut aller là bas, afin de tuer son père, et nous quitte dès maintenant.

Et là, nos destins divergent ; nous dissolvons notre petite communauté itinérante, forts de ces moments partagés. Mais il est impossible de ne pas être liés à jamais, et il semble certain que quelques chemins se recroiseront …



La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur œil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.



Guy de Maupassant.
"J'ai expliqué le principe de Monsterhearts à ma femme. Ça l'a beaucoup fait rire, puis elle m'a dit qu'elle préférait encore jouer du yaoi dans un camp de concentration nazi." / https://www.flickr.com/photos/145354677@N08/
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