1ère séance
Les personnages
Archibald Zola, prestidigitateur
Tristana de Myrteville, Dilettante voyante
Alice Leblanc, journaliste
Ludwig Von Craft, journaliste,
François-Philippe Daumesnil, Médecin légiste
Alors que j’étais affairé à l’élaboration de mon prochain spectacle, je reçu une missive de Maître Glenard. Celui-ci me donnait rendez-vous à son office, au 13 rue de Fontaine, le 17 Octobre à 18h00 soit dans très exactement trois jours. Il avait semble-t-il des informations à me transmettre me concernant.
Intrigué, je me rendais chez lui le jour dit avec un retard convenable. Une vielle gouvernante m’introduit dans un salon dans lequel se trouvaient déjà quelques personnes. J’appris de ceux-ci qu’ils avaient rendez-vous à la même heure et échangeai les présentations. Afin de passer le temps je discutais avec ma voisine, Alice Leblanc, une jeune journaliste très visiblement athée. Cette jeune personne étant intéressée par mes tours, je lui fixais rendez-vous pour une interview le lendemain à 18h.
Pendant ce temps, les autres hôtes dont un curé allemand et Tristana de Myrteville jeune fille visiblement distinguée décidaient de forcer la porte du Notaire. En effet, son retard commençait à être perceptible et ceux-ci commençaient à s’inquiéter. C’est la jeune demoiselle qui ouvrit la porte usant d’une astucieuse manipulation. Elle fit glisser une carte de tarot sous la porte, puis poussant avec une épingle à cheveux dans la serrure, elle fit tomber dessus la clé qu’elle put ainsi récupérer.
L’ouverture de la porte nous révéla une pièce vide .Notre quatrième comparse, François-Phillippe Dumesnil prit d’une soudaine intuition s’élança vers la fenêtre ouverte. Il put ainsi voir le corps de notre hôte écrasé dans la cour. Examinant les lieux, nous trouvâmes sur le bureau unee note : « Je suis de retour » signé d’un certain Hugo, au-verso se trouvait l’adresse d’un Hotel de l’Adour. Au sol, je ramassais une carte au nom d’un restaurant, « Le Stromboli ».
Alors que nous examinions la salle, la police intervint. Il se trouva que Monsieur Dumesnil était d’accointance avec les forces de l’ordre. Il exerçait en effet en tant que médecin légiste. Il leurs proposa immédiatement ses services qu’ils acceptèrent. Pendant ce temps, Mademoiselle Leblanc s’était déjà mis à dos l’agent chargé de nous surveiller en l’insultant de multiples manières. Je remarquai Mademoiselle de Myrteville profitant de l’esclandre pour s’éclipser.
Elle revint cependant assez vite après être allé observer l’autopsie du cadavre. Mademoiselle Leblanc m’avait pendant ce temps appris que la gouvernante avait vu pour la dernière fois Monsieur Glenard 20 minutes auparavant. Nous fûmes donc fort surpris quand Monsieur Dumesnil nous fit part de ses conclusions. En effet, selon lui, le corps était mort depuis plusieurs jours et avait été conservé dans du formol.
La police s’en alla après nous avoir chacun interrogés tour à tour. Alors que nous discutions de la marche à suivre, Mademoiselle Leblanc vint nous trouver, persuadée d’avoir trouvé un passage secret dans l’appartement d’à côté. Nous la suivîmes et elle nous mena dans la pièce mitoyenne au bureau dans laquelle je trouvais effectivement en tâtant les murs un courant d’air suspect. Néanmoins, essayant d’activer le mécanisme avec ma canne, je ne réussis qu’à percer un trou dans le mur qui n’était guère solide.
Après cet épisode fort embarrassant, nous décidâmes de partir pour le restaurant. Celui-ci était fermé pour travaux, un panneau indiquant une réouverture pour le 22 octobre. Une visite au concierge de l’immeuble mitoyen nous permis d’apprendre que le patron se prénommai Enzo et que les rénovations avait pour but de redéfinir la décoration intérieure.
Nous nous rendîmes alors à l’hôtel de l’Adour qui se trouvait non loin des buttes Chaumont pour nous apercevoir que celui-ci était non-seulement fermé mais muré depuis ce qui semblait être des années. Nous recourûmes à la même méthode que pour le restaurant et allâmes interroger un concierge voisin. Celui-ci nous appris que l’hôtel avait été le théâtre d’un terrible massacre il y a dix ans. Plus d’une dizaine de clients avait trouvé la mort de la main d’un certain Hugo Andreati. Celui-ci avait été décapité, son avocat était le tout jeune Maître Glénard. Les contours d’une vendetta italienne digne des pires romans de gare commençaient à se dessiner.
L’heure commençant à se faire tard, nous décidâmes de prendre rendez-vous. Quand Mademoiselle de Myrteville demanda l’endroit où nous nous retrouverions, le curé fit une remarque obscène qui me fit fortement douter de sa profession. Je décidai de le garder à l’œil, son attitude inadéquate le rendant particulièrement suspect à mes yeux.
Nous nous retrouvâmes le lendemain à 8h devant le restaurant Stromboli, le soi-disant curé ayant apparemment réussi à se faire pardonner. Mademoiselle Leblanc crocheta bruyamment le cadenas bloquant l’entrée mais nous avions déjà prévu dans cette éventualité de la faire passer pour une serrurière légitime. Nous fîmes donc notre numéro avant d’entrer dans le bâtiment.
Monsieur Dumesnil nous fit part de sa perception d’une odeur de formol. Etant donné sa qualité d’expert dans le domaine je décidai de lui faire confiance même si je ne percevais rien de la sorte. Pendant ce temps, Mademoiselle de Myrteville entamai ce qui semblait être un rituel de dialogue avec les morts. Sans surprise, ces inanités ne donnèrent aucun résultat. Nous fouillâmes le restaurant de fond en comble mais mis à part l’odeur détectée par légiste, nous ne trouvâmes aucun indice particulier.
Archibald Zola
